Prologue :
Parfois, il faut savoir tourner la page. Ne plus faire attention à tous les évènements passés. Et tout oublier... prendre son courage à deux mains et vivre sa vie comme elle est, même si je garde encore une profonde blessure... Pourtant, je veux me souvenir, voir clairement les choses, trouver la faille qui permettra d'améliorer tout ça...
1 :
C'est mardi matin. Le soleil est déjà levé est déjà levé depuis un bon moment. Je me rends comme chaque matin au collège, qui est à dix minutes de chez moi. Ce n'est pas vraiment mon truc, de travailler, mais je ne suis pas mécontente non plus de retrouver le sombre établissement, puisque cela signifie que je vais retrouver mes amies. Et là, c'est sûr, c'est rigolade assurée ! Même en cours, on trouve le moyen de s'amuser, ce qui ne plait pas forcément aux professeurs... Mais nous nous en moquons bien, puisque chaque fois qu'ils ont le dos tourné, nous recommençons à bavarder ! Dé fois, ils le remarquant et sont obligés de nous séparer jusqu'à la fin du cours. Et même là, on se fait des petites mimiques !
Je pénètre donc dans la cour et remarque qu'Alix et Eleonor sont arrivées. Ce sont deux bonnes copines à moi. L'une n'est pas dans ma classe, mais nous avons quand même pas mal de cours en communs, cette étape. L'autre est plus proche de moi. Elle fait aussi du latin avec moi. On peut donc se plaindre ensemble, si l'envie nous prend ! Au self aussi, on s'amuse bien.
Mais pourtant, même si elles arrivent toutes les deux à me mettre de bonne humeur, celle qui me rend encore plus joyeuse, c'est Elise ! Cheveux châtains et dégradés, yeux marron, elle a tout pour être ma meilleure amie ! Nous avons beaucoup de point en commun, elle et moi : Nous faisons toutes les deux de la musique au conservatoire, elle avec la guitare, moi avec le violoncelle, et notre caractère est un peu pareil. Mais le petit problème, c'est qu'on s'énerve toutes les deux très vite ! Par chance, nos disputes habituelles ne sont pas importants, et se réconcilie les minutes à suivre !
D'ailleurs, je repère mon amie avec un groupe de copine, vers un des trois bancs de la cour. Je la rejoins et nous nous faisons la bise. Et déjà, nous commençons à piquer nos fous rires habituels en nous racontant les derniers potins du week-end. Malheureusement, elle a quelques problèmes, en ce moment : Elle vit un chagrin d'amour. Ayant été séparée de son amoureux par la fin de sa colonie, elle ne le revoit que dans deux mois et demie ! Et cela la rend triste. Pour en rajouter une couche, elle est stressée car on va lui arracher deux dents ! M'étant moi-même fait arracher cinq dents, je lui assure que cela ne fait pas mal, mais elle est toujours aussi angoissée !
Heureusement, ce matin, nous n'en parlons pas. Au lieu de ça, on pique des fous rires en se racontant les bêtises qu'on a pu faire ! Mais la sonnerie annonçant le début des cours retentie, et nous devons nous rendre en cours. Pour nous, c'est exceptionnellement badminton, puisque le chauffeur qui devait habituellement nous conduire au rugby n'est pas libre. Là, je ne contiens pas ma joie, et Elise non plus !
Même si je n'aime pas les cours d'EPS, la matinée s'est bien passée. Bon, je dois avouer que les deux heures de français avant le repas ne nous ont pas plus, mais avec Elise, nous avons réussit –encore une fois – à rendre le travail plus agréable en rigolant en cours, mais tout en travaillant sérieusement ! Quelques fois, j'ai cru entendre mon ventre gargouiller, mais je n'avais pas d'autres choix que de le faire patienter !
Puis l'heure du repas était arrivée. Nous nous étions rendues au self, Elise, Eleonor et moi, après vingt minutes de chorale qui m'avaient plutôt asséchée la gorge, aujourd'hui.
Au self, le repas n'a pas été très équilibré : Une part de pizza avec de la semoule. Mais bon, comme d'habitude je faisais quand même attention à mon alimentation ainsi qu'à ma santé, on peut dire que ce menu ne m'a pas dérangé !
Puis nous avons eu le cours de latin enchaîné avec celui de technologie. Ce dernier était si ennuyeux qu'on aurait pu dormir, et c'est pour ça qu'il ne me dérangea pas trop, puisque j'en ai profité pour écrire en douce le début d'un roman !
Donc la journée s'était plutôt bien déroulée, pour l'instant. Mais le bonheur ne dure pas longtemps, comme on dit, car tout se dégrada en cours de physique...
2 :
Cela fait vingt minutes que le cours de physique à commencé. Seulement vingt minutes... Ce qui veut dire qu'il reste encore une heure ! Je ne peux m'empêcher d'étouffer un bâillement, mais le professeur ne le remarque pas.
Nous sommes chargés de recopier le schéma d'un circuit électrique ainsi que la légende. Mais était au fond de la classe et ayant oublié mes lunettes, je n'y vois pas grand-chose. Bon, pour l'instant, j'ai réussit à tracer le dessin. Il ne me reste plus que les mots à écrire. Je commence, mais il y en a un qui me bloque. J'ai beau utiliser tous les efforts que je peux, je ne parviens pas à le lire. Je me tourne donc vers Elise et lui chuchote :
- C'est écrit quoi, là, à gauche ?
- « objet » répondit-elle.
Je ne note pas pour autant sa réponse. Non pas que je doute de sa confiance, mais si elle-même n'est pas sûre du mot qui est écrit, je ne veux pas noter n'importe quoi. Je lui demande donc :
- Tu es sûr ?
- Evidemment, sinon je ne te le dirais pas !
Je reste un instant muette de stupéfaction. Pourquoi a-t-elle réagit comme ça pour une simple question posée gentiment et sans mots blessants ? Au début, je suis très étonnée, mais très vite, la colère prend toute la place dans mon esprit. Je rétorque donc, sans pour autant être trop méchante :
- Ben c'est bon, ne t'énerve pas !
- Il y a de quoi, pourtant !
- Non !
Je n'ajoute rien, de toute façon, ça ne la fera pas changer d'avis. Je me tais donc et me remets à travailler, marquant quand même sur mon cahier le mot « objet » qu'elle m'a dit. A la fin du cours, je range lentement mes affaires, en repensant à la réaction d'Elise. D'ailleurs, elle part sans m'attendre ! Je suis déçue. Tout en descendant doucement les marches du collège, je sens mes yeux s'humidifier. Oh non, pas ça ! En arrivant en bas, j'aperçois mon père qui m'attend dans la voiture. Je monte dedans et il démarre. Je ne dis rien, mais au bout d'un moment, je balance rapidement cette phrase :
- Je suis fâchée avec Elise.
Il se tait, devinant que je n'ai pas envie d'en parler. Tandis que mon père conduit, je tourne ma tête et fixe la fenêtre. A travers la vitre, je vois Elise rentrer chez elle et rire avec un groupe de copines. Ma gorge se noue soudain, et mes yeux s'embuent. Comment peut-elle m'oublier comme ça ? En arrivant à la maison, je file dans ma chambre et me pose sur lit, tout en fermant les yeux. J'ai envie de pleurer, tout simplement, mais je me retiens.